ABANDON D'ANIMAUX: Triste palme pour la France

 

Abandon animaux - Triste palme pour la France

 

A l’approche de l’été, la Société protectrice des animaux (SPA) prend les devants et lance une vaste campagne pour sensibiliser les Français à la tragédie de l’abandon.



             Chaque été, la même rengaine. Les mêmes errances de chiens et chats que l’on met à la porte. Que l’on attache au bord de l’autoroute sans se retourner, les mains crispées sur le volant. Que l’on enferme dans un carton qui part dans la benne à ordures. Aux enfants, on dira que l’animal s’est échappé. Aux voisins, on expliquera piteusement que l’on ne pouvait plus s’en occuper. Sacrée crise financière.

            « Il y a beaucoup plus d’abandons, et beaucoup moins d’adoptions depuis la fin de l’année 2008 », note Christophe Bellanger, président du refuge de Gennevilliers. Pourtant, les portées continuent de naître, sans aucun contrôle ni régulation, et viennent grossir les rangs de ces animaux dont plus personne ne sait que faire, pas même la Société protectrice des animaux (SPA), débordée.

            « Nos refuges sont pleins à craquer, nos dispensaires où l’on propose des soins gratuits sont submergés par les demandes. Chaque chien que l’on accueille nous coûte environ 450 euros, et nous ne vivons que des dons », s’indigne Virginie Pocq Saint-Jean, qui tire la sonnette d’alarme.

             « Il faut endiguer cette tragédie. Pour cela, il faut absolument couper le robinet de la reproduction. La stérilisation doit être la priorité numéro un aujourd’hui, et le gouvernement doit se saisir de ce problème. Il y a tout de même un foyer sur deux français qui possède un animal de compagnie, ce n’est pas rien ! »

               Une situation désespérante

              Jusqu’au 24 mai, la SPA lance une grande campagne de communication pour faire prendre conscience aux Français de l’ampleur du problème : quelque 100.000 chiens et chats finissent à la rue chaque année. A l’heure où le Festival de Cannes s’apprête à décerner la Palme d’or à une œuvre cinématographique, la SPA remet sa triste palme à la France, championne d’Europe de l’abandon.

             « Plutôt que d’éduquer les gens, on préfère sacrifier les animaux, s’attriste la présidente de la SPA. On n’accueille pas un chien comme on acquiert une nouvelle voiture ! Les gens doivent comprendre l’engagement que cela représente, moral et financier. En moyenne, on estime qu’un chien coûte environ 1.500 euros par an, et un chat 800 euros. Si l’on n’est pas prêt à l’assumer durant quinze ans, voire plus, il ne faut pas franchir le pas ! »

 

 

Alexandra Gonzalez, " FRANCE SOIR"  jeudi 21 mai 2009 à 04:00

 

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