LES DOSSIERS BRULANTS

UNE TRADITION BARBARE AUX ILES FEROE

 

Situées bien au large de l'Europe, entre l'Islande et le Royaume-Uni, les îles Féroé, dépendantes du Danemark, jouissent cependant d’un statut très particulier quant à la construction européenne : ayant refusé l’intégration à l’Union européenne lors de l'adhésion danoise en 1973, elles demandent pourtant aujourd'hui à être un membre à part entière de l’Association Européenne de Libre Échange (AELE).

Elles dépendent administrativement du Danemark, et sont partagent ainsi comme chef d'Etat la reine Margrethe II. Elles ont cependant leur propre Premier ministre et leur propre gouvernement selon la loi sur l’autonomie interne des Féroé, adoptée le 1er avril 1948. Contrairement à sa voisine islandaise, les îles Féroé n’ont pas obtenu leur indépendance à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, mais ont obtenu un statut de communauté autonome.

  • GEOGRAPHIE

Les îles Féroé ont été formées par activité volcanique il y a 30 millions d'années, elles forment un archipel composé de 18 îles, dont 17 habitées, séparées par des chenaux et des fjords étroits où vivent près de 50.000 personnes (Féringiens ). Elles sont situées à 300 km des îles Shetland,350 km de l'Ecosse, 450 km de l'Islande, 675 km de la Norvège et à 1330 km du Danemark. Sa superficie est de 1398,85 km²

Les caractéristiques des Féroé sont les dénivellations importantes et les côtes très découpées. Toutes les îles sont orientées nord-ouest/sud-est.
Le paysage des Féroé résulte de la présence de roches volcaniques et du travail de l'érosion commencé à la fin de l'activité volcanique, qui remonte à 60 millions d'années.
L'érosion consécutive à l'action des vagues a surtout touché les côtes occidentales qui se dressent comme de hautes falaises où logent de nombreuses colonies d'oiseaux.
Sur les versants abrités des fjords, les montagnes descendent en pente douce vers la côte, souvent sous forme de moraines tendres d'origine glaciaire.

Le climat est nettement océanique, avec des hivers relativement doux et des étés plutôt frais.


  • HISTOIRE


Selon les sources écrites de l'histoire la plus ancienne des îles Féroé, l'archipel fut habité par des fermiers Vikings au début du IXe siècle.
Dès lors, les îles devinrent un relais maritime pratique reliant les routes entre la Scandinavie et les colonies vikings d'Islande, du Groenland, et, pour une brève durée, d'Amérique du Nord.

825 : Début de la colonisation.  Peu de sources historiques existent quant à l'origine des premiers colons, mais il semble que la plupart d'entre eux sont vraisemblablement originaires de l'ouest de la Norvège,
notamment des provinces du Sogn, du Rogaland et des Agder.
Les celtes auraient introduit des moutons puisque, lors de la colonisation viking,
les îles furent appelées Féroé soit "l'île aux moutons".
Jusqu'en 895, la colonisation fut supervisée personnellement par les rois de Norvège.

1035 : Les Féroé, en relation permanente avec les autres terres nordiques, tombent sous la dépendance norvégienne, ce qui entraîne parallèlement l'introduction du catholicisme.

1380 : Les Îles Féroé sont réunies au Danemark (union de Kalmar).
Une union monarchique est instaurée entre le Danemark et la Norvège.
Les relations commerciales que les Féroé, au début, entretenaient surtout avec la ville de Bergen, se reportèrent graduellement sur Copenhague.

1523 : Fin de l'union avec la Suède.

1536-50 :Réforme, luthéranisme (religion d'Etat.)
Cela se manifeste par une traduction de la Bible en danois. La langue danoise est imposée aux insulaires.

1807-14 : Les Îles Féroé sont occupées par l'Angleterre.

L'unification du Danemark et de la Norvège (union de Kamar), qui a eu lieu à la fin du XIVe siècle, fit entrer les îles Féroé dans le royaume danois. Mais, en 1814, lorsque les destins du Danemark et de la Norvège se séparèrent à nouveau, elles demeurèrent partie intégrante du royaume danois.
Deux années plus tard, elles recevaient le statut de département et c'est en 1821 que fut nommé le premier préfet pour gouverner l'archipel.

1856 : Suppression du monopole royal du commerce.
Il en résulte une ouverture des Féroé aux marchands étrangers.
Danois et Allemands créent des réseaux de commercialisation de poisson salé et séché donnant ainsi une grande impulsion à la pêche.
Cette nouvelle activité provoque les premières grandes divergences entre les Féringiens et l'Etat danois qui autorisait les pêcheurs britanniques à pratiquer leur activité jusqu'à 3 miles des côtes des Féroé. Cette mesure marqua un pas décisif dans l'évolution turbulente qui transforma la société agricole féroïenne,
en un laps de temps remarquablement court, en une nation de pêcheurs modernes et ouvrit les îles Féroé au monde extérieur.

  • LA FAUNE :

Les oiseaux sont extrêmement nombreux. On a recensé 420 espèces différentes.
Les plus nombreux sont les macareux. On découvre aussi des pétrels, des huîtriers-pies (cette espèce noire, à bec rouge, est l'oiseau national féringien), des canards et des oies sauvages. Pour voir un maximum d'oiseaux, rendez-vous sur Mykines, l'île la plus occidentale des Féroé, elle abrite un grand nombre d'espèces dont l'une d'elle, le sulan, ne vit que sur ce territoire.

Au flanc des montagnes paissent 80 000 moutons en liberté.
Dans certains coins reculés c'est à peine s'ils voient les hommes 2 fois dans leur vie :
quand on les lâche encore agneau dans le pré, et quand on les rassemble une fois arrivés à maturité.

  • LA PECHE

Les ressources marines sont importantes.
L'archipel est situé dans une zone riche en plancton, ce qui rend l'océan très poissonneux.

Jusqu'en 1955, la limite de pêche des îles Féroé était de trois milles marins à partir des côtes.
Une série d'extensions successives eurent lieu par la suite jusqu'à l'établissement,
en 1977, de la limite de pêche actuelle de 200 milles marins.
Cette mesure impliquait des conditions de pêche toutes nouvelles puisqu'à partir de cette date, les Féroïens disposaient souverainement des ressources de la mer dans les eaux qui baignaient leurs îles.
Cependant, d'autres pays ayant étendu leurs limites de pêche autant qu'eux,
les Féroïens se virent interdire leurs zones de pêche traditionnelles au large de Terre-Neuve, du Groenland, de l'Islande, de la mer de Barents et de la mer du Nord.
Depuis 1977, des accords bilatéraux entre les pays leur ont permis d'échanger leurs quotas,
de façon à pouvoir continuer leur pêche traditionnelle, quoiqu'à un degré limité.
L'échange des quotas est favorisé par le fait que certaines espèces pélagiques
(de poissons qui se déplacent librement) comme le merlan bleu et le capelan,
émigrent sur de grands distances, il est donc difficile à un seul pays de revendiquer un droit exclusif sur toute une espèce.

Chaque année, 20 à 25 espèces de poissons sont déchargées dans les îles Féroé ;
mais les poissons principaux destinés à la consommation sont la morue, l'aiglefin et le merlan.
La catégorie qualifiée «autres» comprend des espèces comme le saumon doré,
le sperling, le flétan et le halibut, qui sont tous des poissons des fonds marins.
Les premières espèces pélagiques sont le merlan bleu et le saumon ainsi que le hareng,
qui avait autrefois une grande importance financière.
L'immense majorité des prises de poisson effectuées dans les eaux féroïennes le sont par des pêcheurs locaux.
Seul le merlan bleu est surtout exploité par d'autres pays : la Russie et la Norvège.

Derrière le descriptif sympathique et touristique de cet archipel que nombre d'entre nous ne connaissait sans doute pas très bien, il existe une tradition barbare qui se perpétue dans les Iles Féroe depuis plusieurs siècles : la pêche au Globicéphale noir.

 

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