CERFS FRANC-COMTOIS


LES CERFS DU JURA ou CERFS ELAPHES




 PRESENTATION GENERALE




Le cerf est un mammifère appartenant à l’ordre des ongulés, au sous ordre des ruminants et à la famille des cervidés (porteurs de bois). Les bois sont uniquement portés par les mâles. Il s’agit d’une ramification osseuse et caduque à l’inverse des cornes du chamois. L'espérance de vie en milieu naturel peut aller jusqu’à 15 ans voire 18 ans dans des conditions particulièrement favorables.
Actuellement, le cerf est présent dans toute l’Europe à l’exception des pays les plus nordiques comme la Finlande et l’Islande. Son poids (pour l’adulte) varie entre 170 et 220 kg (suivant le biotope) et  entre 90 et 130 kg pour la biche.
Pour déterminer l’âge d’un cerf,  la seule méthode fiable est l’analyse minutieuse du stade d’usure de sa dentition. Contrairement à certaines idées reçues le nombre de cors n’a rien à voir avec l’âge.(certains jeunes cerfs peuvent porter 12 voire 14 cors, alors que des cerfs adultes n’en auront que 10. Seule la masse des bois différencie l’âge, les bois de jeunes cerfs étant généralement fins et assez clair, ceux des cerfs plus vieux deviennent beaucoup plus massifs et foncés (la teinte des bois peut varier, entre autre, suivant le biotope et sa richesse : calcaire, acide…). Lorsque le cerf est très vieux, sa ramure peut perdre des andouillers, s’amincir, se déformer on dit que le cerf ravale.

Le régime alimentaire est varié. Il est principalement herbivore, son alimentation est  composé d’herbacée pour 2/3, de ligneux et semi-ligneux pour 1/3, les fruits sont également très appréciés (faines, glands, pommes…).

LES BOIS : "shéma des bois"
( source: le dictionnaire visuel )

Il s’agit de productions osseuses qui tombent chaque année à la fin de l’hiver et repoussent au printemps pour atteindre leur apogée dans le courant du mois de juillet.
Pendant la repousse, les bois sont dits de velours car recouverts d’une fine peau très vascularisée et très fragile. A la fin du processus, la peau meurt et tombe, le cerf accélère le décollement de la peau morte en frottant sa ramure contre les arbres. Lorsque les bois sont en velours, le cerf est très prudent car toute blessure de la peau protectrice peut entraîner des anomalies plus ou moins importantes (suivant le choc et l’endroit où il a eu lieu), mais non durables. Chaque bois est composé d’une perche
ou merrain sur laquelle on trouve différents andouillers ( petite corne qui pousse dans les bois ). Le plus bas est appelé andouiller d’œil ou andouiller de massacre, juste au-dessus on trouve le surandouiller (pas systématiquement présent), ensuite la chevillure
( petite corne au-desses du surandouiller), si les épois suivants(cors poussants au sommet de la tête )sont au nombre de deux on parle de fourche, s’ils sont de trois ou plus, on parle d’empaumure.

LE BRAME

Dés la mi-août, alors qu’ils arborent leurs nouveaux bois tout juste débarrassés du « velours », les cerfs adultes rejoignent des parcelles qu’ils occuperont jusqu’au mois d’octobre : les places de brame. Le commencement du brame, généralement autour des derniers jours d’août ou des premiers de septembre, n’est pas dû à un seul facteur  mais à la conjugaison d’éléments olfactifs (phéronomes laissés tant par les biches en chaleur que par les mâles) d’éléments auditifs( raires) et d’éléments saisonniers(rétrécissement des périodes de jour et abaissement de la température).
Le mâle va chercher à regrouper en harde un certain nombre de femelles (généralement de trois à cinq) afin de les féconder. Cette saison est donc intense pour le cerf qui doit veiller sur sa harde, empêcher tout intrus d’approcher les biches et se mesurer aux autres cerfs adultes, à travers des combats dont l’issue peut exceptionnellement être fatale, pour défendre son harem et sa place de brame.

  La durée du brame est très variable suivant les régions (plaine, montagne…), les conditions climatiques et les ressources alimentaires. En effet, les années où il y a beaucoup de fruits forestiers, les bichettes prennent du poids plus rapidement et peuvent être en œstrus dés la mi-novembre, ce qui prolonge le brame. La période principale, en Franche-Comté va généralement du 15 septembre au 15 octobre.

LES RAIRES

  Il existe trois sortes de raire:
1) Les raires de marquage et d’appel que l’on peut entendre tout au long du brame, leur fonction est de marquer l’emplacement du cerf vis à vis de ses congénères et d’«appeler » les biches.
 L’observation nous montre que le cerf lance cet appel aux différents points cardinaux avec un temps de latence et d’écoute plus ou moins important entre chaque émission.
2) Les raires de défi lorsque le brame est bien « installé ».
Ils signent l’état d’excitation et de nervosité des cerfs. Ils résonnent  particulièrement lorsque des biches approchent et atteignent leur paroxysme autour de la deuxième quinzaine de septembre. Ces raires sont très puissants et impressionnants, comme si tous les cerfs bramaient en même temps.
 3) Le raire de victoire du cerf le plus fort, après un combat, est tout à fait caractéristique.

LE JEUNE CERF

Les faons naissent généralement entre le 15 mai et le 30 juin. Les liens entre la biche et le faon sont particulièrement étroits et dureront entre 1 an et demi et deux ans.
Si le nouveau-né pèse entre 6 et 8 kg à la naissance, sa prise de poids quotidienne sera de 300 à 400 grammes.
La biche reste en compagnie de son faon de l’année et du jeune de l’année précédente.
Il naît à peu près autant de faons mâles que de faons femelles.
Le faon femelle est appelé bichette jusqu’à sa deuxième année.
Au bout de sept mois le faon mâle s’appelle Hère jusqu’à ce qu’apparaissent sur son front deux dagues qui peuvent atteindre 40 cm, on l’appelle alors Daguet, l’année suivante il deviendra un jeune cerf ou 2ème tête et ainsi de suite (3ème tête, 4ème tête…).
 Dans des conditions favorables le cerf peut vivre jusqu’à 17-18 ans, c’est l’état de la denture qui conditionne l’âge limite.
 C’est tardivement,  vers 9 ans, que le cerf devient  un géniteur actif lors du brame.

LA FRANCHE COMTE

C' est une région où le taux de boisement est le plus élevé de France (près de 45%) : taillis sous futaie très enrichis depuis un siècle en Haute-Saône, futaies résineuses régulières du Doubs atteignant 800, voire 1000 mètres cube par hectare sur pied, les futaies jardinées du Jura...
Elle possède de nombreux cours d'eau : traversée par la Saône et par le Doubs, la Franche-Comté possède de nombreuses rivières, la Loue et l'Ognon.
Dans un cadre aussi luxuriant il est normal que la faune soit variée. C'est entre autres la région du Grand Tétras (Haute-Saône côté Vosgien et Jura), du Lynx (Jura), du Faucon Pèlerin et du Hibou Grand Duc pour les espèces les plus rares.

Alors que le biotope est particulièrement favorable, le cerf a des difficultés à se developper sur l'ensemble de la région. On dénombre des petits noyaux sur tous les départements, mais sa présence est surtout localisée:
1) dans le Jura, presque exclusivement en forêt de Chaux. Il s'agit d'une forêt magnifique, d'environ 20000 hectares.
 Il y a 10 ans le cheptel s'élevait à environ 1000 animaux, il était d'environ 700 il y a 2 ans et aujourd'hui nous l'estimons à 150-200 animaux.

2) en Haute-Saône, sur deux massifs. Le premier est situé à l'ouest de Vesoul avec environ 250-300 animaux répartis sur plus de 30000 hectares boisés. Le second est établi au nord de Vesoul à la limite des Vosges. Ce noyau, commence à se reconstituer, après une pression de chasse trop forte (notamment sur le versant vosgien) et de très nombreuses pertes , touchant surtout les mâles,
durant plusieurs années consécutives.
Une prise de conscience récente de cet état par les différents organismes attachés à la commission d'attribution des bracelets peut permettre d'espérer une baisse des attributions sur plusieurs années afin que le cheptel puisse se rééquilibrer quant au sex-ratio. Actuellement et avant naissance nous estimons le cheptel à environ 400-500 animaux pour 20000 hectares boisés.

Pour l'ensemble de la Franche-Comté le cheptel des grands cervidés s'élève à environ 1400-1500 animaux  pour une surface boisée de 700 000 hectares. Les espaces colonisés affichent des densités très en-dessous d'un animal aux cent hectares sauf pour la forêt de Chaux où il y a un peu moins de deux animaux aux cent hectares. Il est donc totalement fantaisiste de parler de sur-densité avec de tels chiffres.

DEGATS IMPUTES A LA POPULATION CERVIDEE

Malheureusement pour lui, dans une forêt de plus en plus tournée vers une productivité intensive, le cerf apparaît indésirable en raison des "dégâts" qu'il peut commettre.

1 L'ABROUTISSEMENT :

L'abroutissement est la consommation des jeunes pousses et des bourgeons.
C'est le dégât le plus répandu. Il n'est pas irrémédiable car une pousse plus vigoureuse finit toujours par échapper aux dents des cervidés.
 Des travaux scientifiques récents montrent que l'abroutissement augmente le développement des racines et permet une meilleure résistance à la sécheresse.

2 L'ECORCAGE :

L'écorçage, beaucoup moins fréquent, consiste à arracher des morceaux  d'écorce du tronc. On distingue des écorçages d'hiver et des écorçages de printemps ou d'été. les seconds sont souvent spectaculaires, la sève étant remontée ce sont des lambeaux entiers du tronc qui sont arrachés et certainement les plus préjudiciables pour l'arbre.
Les raisons avancées pour expliquer ce comportement sont multiples et pas toujours vérifiées: la sur-densité des animaux sur un massif, alors qu'en forêt de Chaux la densité est d'environ 2 animaux aux 100 hectares et a été, à une époque de plus de 6 animaux, nous n'avons jamais constaté de dégâts d'écorçages significativement importants. En Haute-Saône alors que la densité est beaucoup plus faible et le biotope plus favorable ces dégâts apparaissent parfois sur certains massifs.

3 - LES FROTTIS :

Les frottis coïncident avec trois périodes bien précises :
-Le brame au mois de septembre
-la chute des bois au printemps
-la chute du "velours" des nouveaux bois, durant l'été.
A ces époques le cerf mâle frotte les jeunes arbres avec plus ou moins
 de violence. En général les arbres cicatrisent assez bien. Les essences les plus recherchées sont les résineux pour leur pouvoir odorant et les feuillus à bois tendre.


 LA CHASSE EN FRANCHE COMTE


Même si l'on nous serine qu'il y a une surdensité sur de nombreux massifs, cette constatation est issue des comptages de 1997 et 1998.
Depuis, des plans de chasse pléthoriques ont englouti les fruits du capital et ont entamé une bonne partie de ce dernier.

LA BATTUE:

Mode de chasse le plus répandu. Les tireurs se placent autour d'une
enceinte à des postes fixes, qu'ils tirent généralement au sort, pendant que des rabatteurs accompagnés de chiens poussent les animaux vers les lignes de tir.

LA CHASSE SILENCIEUSE:

En Franche-Comté il s'agit d'une chasse essentiellement pratiquée en forêt domaniale ou en forêt privée. La méthode consiste à utiliser l'approche ou l'affût et elle ne concerne qu'un ou deux chasseurs car la clé de la réussite est la discrétion. S'il s'agit d'une chasse moins meurtrière et plus sélective elle soulève toutefois de nombreuses questions quant à la sélection effectuée.

La situation est telle que dans certains départements des alliances, entre chasseurs et associations de protections de la faune sauvage, ont pu voir le jour("les bois de la discorde").

Merci à Olivier Collin (psychologue clinicien ) et Patrick Nicolas ( forestier de métier ), qui étudient la faune sauvage et plus particulièrement les cerfs, et qui nous ont offert ce travail faramineux sur cette espèce qui a besoin de nous tous pour ne pas sombrer dans l'oubli.

Néanmoins, une nouvelle nous est parvenue depuis le mois de septembre dernier prévoyant un :

Abattage programmé de cerfs franc-comtois

 

225 cerfs sur 450, soit la moitié, vont être massacrés a partir du 14 septembre dans la foret de Chaux dans le Jura, sur autorisation du préfet du Jura et même les chasseurs sont contre cette tuerie.
Il nous faut tenter de les sauver, qu'ils acceptent des plans pour les capturer et les reloger dans des forets moins peuplées plutôt que ce massacre ! ! !
On ne peut pas les laisser massacrer 225 cerfs innocents sans rien tenter contre.

Une discussion va être engagée entre les "acteurs" de Croc-Blanc à ce sujet afin de proposer rapidement des solutions moins radicales et permettre ainsi à ces superbes animaux de ne pas subir ce sort injuste.

Rendez-vous très prochainement dans la RUBRIQUE : "points de vue"

Merci

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