LES PREDATEURS DANS L'EQUILIBRE NATUREL ET LA REGULATION DE LA BIODIVERSITE ANIMALE

MON POINT DE VUE SUR :

LES PREDATEURS DANS L'EQUILIBRE NATUREL

ET LA REGULATION DE LA BIODIVERSITE

 

PREDATEUR est un terme qui désigne un être vivant qui se nourrit de proies vivantes en les capturant. La prédation est très courante dans la nature où les prédateurs jouent un rôle essentiel dans le maintien des équilibres écologiques.

Dans le règne animal, la chasse est synonyme de nourriture: partir en chasse d'une proie pour sa propre subsistance et celle de sa progéniture, mais jamais pour le plaisir ( sauf à de rares exceptions). Sans proie, l'animal reste affamé et risque de mourir.

La chasse s'est appliquée aussi à l'Homme ( n'est-il pas un mammifère parmi d'autres?), pour les mêmes raisons : sa subsistance . Elle n'était pas qu' une source de nourriture carnée mais aussi de ressources diverses telles que la peau, la fourrure, la corne, les bois, l'os, les tendons, les dents, etc.  Cela se passait en des temps très reculés , lorsqu'ils vivaient dans des cavernes ... Puis, l'Homme a inventé l'élevage et l'agriculture. De nomade à la recherche de nourriture, victime des aléas de  la vie sauvage, il est devenu sédentaire en s'occupant de faire “fructifier” sa nourriture à sa porte, en délaissant peu à peu les traditionnelles épopées de chasse ...

     Nostalgie de ce temps peut être qui a conduit l'Homme à faire un retour en arrière en pratiquant à nouveau la chasse tout en lui accolant d'autres dénominations:  “privilège”au Moyen Age, réservé aux nobles, “plaisir de gentilhomme” sous l'Ancien Empire, puis “sport” pour se défouler tout en prônant un statut d'activité écologique en osmose avec la Nature. 

Pour bien comprendre le rôle des prédateurs, il faut avoir en tête le shéma de la chaîne alimentaire. Bien avant que l'Homme ait la main-mise sur ce thermomètre biologique et ne le régule à sa façon, voyons ce qui se passe ou ce qui, naturellement, doit se passer:

Dans la Nature, les animaux sont : herbivores, carnivores.

Les premiers se nourrissent de végétaux, de pollen, de fruits, de graines, de racines ( rongeurs, chèvres, moutons, antilopes, éléphants, insectes etc... quelle que soit leur taille).
Mais si ces animux prolifèrent démesurément, ils finissent par épuiser les ressources alimentaires de leur territoire et doivent migrer vers d'autres lieux et recommencer selon le même shéma...

Les carnivores régulent, en ingurgitant leur nourriture , le cycle de reproduction des végétaux en diminuant le nombre de leus prédateurs.  Mais leur action est double puisque, parallèlement le nombre décroissant de ces mêmes herbivores permet de conserver leurs zones de nourriture pour se développer. 

Ce shéma est très simplifié car la Nature est beaucoup plus complexe, et les végétaux eux-mêmes sont des prédateurs,  surtout les chlorophylliens qui se “nourissent” de gaz carbonique et de lumière solaire pour fabriquer la matière organique ( photosynthèse) qui profite à des petits organismes formant la base de la chaîne alimentaire. C'est ce qui se passe dans la mer où le phytoplancton nourrit le zooplancton qui, à son tour, nourrit les poissons qui sont ensuite soumis à la loi d'autres poissons plus gros ou d'oiseaux pêcheurs, ou de carnivores terrestres... Mais il était nécessaire de le résumer pour comprendre le cheminement de cette explication.

Cette chaîne alimentaire est naturellement efficace pour réguler la population des espèces impliquées, à seule fin de leur propre survie et non pas pour le plaisir, le sport ou la haine! IL ne faut pas oublier que les prédateurs chassent toujours des élèments malades, vieux ou faibles et non pas ceux qui sont en bonne santé. On peut dire que les relations entre proie et prédateur visent à maintenir l'équilibre naturel. Ainsi lorsque la population d'une espèce animale donnée s'accroit, la population de ses prédateurs augmente aussi ( logique, plus il y a à manger, plus les animaux gagnent en force et donnent une plus grande progéniture en bonne santé). Et donc, plus de prédateurs ont besoin de plus de nourriture et ainsi l'espèce animale donnée décroit pour se stabiliser selon une vraisemblable proportion qui peut être scientifiquement prouvée. On peut dire que les prédateurs se développent alors jusqu'à l'apparition d'un nouveau déficit alimentaire. Ainsi, si leur population tend alors à décroître pour cette raison, celle de leurs proies ( alors moins en danger) aura tendance à se développer de nouveau et ainsi de suite... L'équilibre se rétablit immuablement à condition que l'Homme l'interfère pas...

Mais qu'a fait l'Homme en prenant de facto les commandes de cette formidable et harmonieuse machinerie naturelle?
Une odieuse cacophonie... 

 

Tout d'abord en déboisant les forêt à outrance, il a favorisé l'extinction inéluctable de nombreuses espèces animales qui perdaient ainsi leur habitat et leur nourriture. Les prédateurs, trouvant de moins en moins de proies, ont peu à peu disparu.

Pour des raisons économiques, l'Homme a également rompu certains équilibres biologiques par la construction d'industries polluantes ou même l'importation d'animaux étranger au milieu ( exemple : en Australie, des lapins ont été importés, mais en l'absence de prédateurs pour réguler leur population, ils se sont rapidement multipliés et ont dévastés les pâturages et autre végétation. Pour freiner ce “fléau” induit par lui-même, l'Homme a ensuite importé des renards et des hermines, mais sans réfléchir aux conséquences, car ces prédateurs, raffolant d'une autre nourriture, comme des oiseaux ou des petits marsupiaux, ont eux-même réalisé d'importants dégâts sur l'équilibre naturel ).

En autorisant les êtres humains à pratiquer la chasse, il a ouvert une nouvelle voie à l'irrespect de l'Homme envers la nature : il tue  des animaux sans nécessité et qui, souvent, sont en bonne santé, l'animal agonisant souffre parfois pendant de longues heures

( ce qui n'est pas le cas dans la Nature où les prédateurs tuent avec une extrême rapidité ), les lâchers d'espèces d'élevage font dégénérer les comportements des espèces sauvages, le nourrissage des espèces sauvages est fait pour que les animaux chassés restent plus ou moins aux mêmes endroits, les munitions utilisées ( plomb ) sont souvent néfastes pour l'environnement...

 

 

L'Homme veut jouer avec la Nature sans en appliquer les règles qui la régissent depuis bien plus longtemps que sa propre apparition...

Alors, comment réparer ces erreurs qui se chiffrent maintenant en milliers d'années et en centaines d'espèces éteintes et centaines d'autres en voie de disparition?
Un retour en arrière est irréalisable bien entendu. Mais des actions peuvent être menées dans tous les endroits du monde ou l'espoir est permis.
Près de nous, en France, dans le Jura, les politiques ont décidé d'autoriser l'abattage systématique de la moitié du cheptel de cerfs qui peuplent les forêts ( en particulier en forêt de Chaux) . Les raisons invoquées sont la destruction, par ces animaux, des arbres  et de la végétation rendant la forêt de plus en plus malade.

Nous sommes nombreux à être contre cette motion qui donne encore à l'Homme un sentiment de suprématie par rapport à la Nature alors qu'il est responsable des maux qui le préoccupent aujourd'hui.
Posons-nous la question de savoir pourquoi les cerfs se sont développés  ainsi? C'est sans doute parce qu'ils n'ont plus d'ennemi, l'équilibre naturel est perturbé. A quels prédateurs l'Homme cherche-t-il à se subtiliser? Au lynx, au loup peut être qu'il a lui-même pratiquement décimé pour son propre confort...

Or, l'explication plus haut expose les rapports qui existent entre les êtres vivants et qui régit les lois de l'équilibre naturel. SI on réintroduit un cheptel de loups tout en prenant les précautions qui s'imposent, la population de cervidés pourra être régulée de manière naturelle sous la surveillance de l'Homme. Ceci pose un problème au sein des mentalités? La peur du loup vit toujours au fin fond des tripes de l'Homme? Mais n'est-ce pas lui qui l'a fabriquée de toutes pièces? Peut être qu'un loup, s'attaquant à une bête en état de faiblesse dans un troupeau de moutons, agit ainsi parce qu'il ne trouve pas d'autre proie dans son milieu naturel, parce que l'Homme a chassé ses propres proies par exemple? (rappelons-nous les imposantes chasses à courre de la Noblesse en des temps historiques...)
Bien, alors, cherchons une autre possibilité.

 

Il existe, dans d'autres régions de France ( Pyrénées ), d'autres pays d'Europe ou même en Afrique du Nord , des forêts propices au développement de ces cervidés, des forêts qui “manquent” justement de ces animaux.
Pourquoi ne pas transplanter des groupes de cerfs et biches dans ces régions?  Cela évitera un massacre inutile, et pourrait être appliqué à bien d'autres cas similaires tout en étudiant bien évidemment les conséquences d'un tel acte afin de ne pas réitérer les erreurs australiennes.

En conclusion, l'Homme a pu être un prédateur en des temps très reculés. Aujourd'hui, il est tout en haut de la chaîne alimentaire de la société de consommation moderne qu'il a lui-même conçue, et il n'a plus besoin de chasser pour vivre, à une exception près : la pêche, si cet acte peut être apparenté à celui de la prédation dans le but unique de nourrir une population et tout en respectant les lois. N'engageons pas ici la polémique sur les réglementations qui sont souvent détournées ...

Pour le sport, l'Homme a bien d'autres ressources que la chasse...

Laissons la Nature reprendre ses droits là où elle le peut encore. Offrons-lui seulement notre aide là où cela est encore possible, afin d'éviter, ou tout au moins de reculer le plus possible, une échéance catastrophique où le monde animal deviendrait obsolète et l'avenir de l'Homme compromis en atteignant  le point de non retour.

 

Dominique Guenin

 

 

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